Appareil photo Plume et encrier Pinceaux

Extraits de "Moi et ... le Lionceau

chapitre un

Seize heures pile. Je suis seul dans l’appartement que nous habitons actuellement à Trogne, dans les montagnes valaisannes. Pas loin du village où j’ai grandi. La même région, le même canton, la même chaîne de montagne, le même pays, la même planète,…

Qu’importe le lieu ? Cela a-t-il un sens pour toi ? Je l’ignore. Distance et temps me semblent être le générateur de l’illusion terrestre ou humaine.

Pourtant, ce petit corps que je tiens contre moi pour qu’il puisse pleurer, ce magnifique bout d’homme qui me sourit si souvent, ce petit être qui enchante ma vie d’aujourd’hui me semble tellement réel, lui.

C’est lui qui donne sa saveur à ce temps qui ne cesse de s’enfuir. Lui : Toi.

Il n’est pas encore le toi qui lis, pourtant… Dans ma mémoire, vous n’êtes qu’un. Evidemment, je ne connais pas, ou pas encore, le lecteur.

Quoi que… parfois, j’ai l’impression de pouvoir cerner Dieu. Parfois, lorsque je tutoie mon âme, je te connais ; Fils. Je peux voir plus loin que la matière, plus profond que la personnalité, je peux percevoir ton essence, mon essence.

Je ne pense pas que tu aies besoin que je te conte quel bébé magnifique, merveilleux, … tu as été. Ce serait tellement subjectif. Je ne te perçois qu’à travers le filtre de mon héritage, la plupart du temps.

Je ne pense pas que tu aies besoin que je te présente des excuses pour les innombrables erreurs que j’ai déjà commises. Ce serait tellement insultant, je me les pardonne si facilement moi-même.

Je ne pense pas… ou plutôt si, je pense, c’est bien là le problème.

Je pense, alors parfois, je crois que je sais.

Je pense, alors souvent, je suis.

Je pense, alors c’est tout ce que j’ai à te dire.

Sois. Il n’y a que toi dans l’univers. Oublie-moi ; Fils.

Dans mon présent, je me sers de toi pour être heureux. Tu ne me dois rien. Jamais. Tu m’as déjà tellement donné. Ta naissance aurait pu suffire à me combler.

Ne te complais pas dans tes premières fois d’hier, mais jouis de celles qui parsèment ton présent.

Les seules photos que je suis capable de prendre sont celles de moi en train de tenir l’objectif, même si l’image est celle de l’autre côté de l’appareil. La réalité et son cortège de magnificence, se trouve dans ma mémoire jamais sur la pellicule ou dans le disque dur.

Que fais-je ici, alors ? … Tu penses trop fort, je t’ai entendu !

Ici, je crée un lien d’outre-tombe. Un lien qui résiste à la mort.

Sauf circonstance exceptionnelle, l’un de nous devra continuer le jeu de la vie sans l’autre.

Toi, tu peux choisir d’être immortel, si tu le souhaites. Moi, je n’y tiens pas. J’ai trop besoin de la mort, sans elle, ma vie n’a aucun sens.

Je suis prêt à te « perdre ». Bien que je préfèrerais nettement m’en passer. En toute logique, je pars le premier. En toute logique, je rentre le premier.

Seconde partie, second chapitre

Le monde n’est qu’un jeu de relations. On peut croire que ça se passe entre quidams, mais non, c’est un leurre. L’autre vient témoigner de la relation que l’on a à soi-même.

Dernier chapitre

Et voilà, c’est la fin de cet ouvrage, et le début du reste de ta vie. Aucune journée n’est plus importante qu’une autre.

Les échelles de valeur des bien-pensants ne sont qu’une des manières qu’ils utilisent pour s’enfoncer encore plus profondément au cœur du mensonge humain.

A chaque instant, tu es libre de croire en eux, ou en Dieu qui vit en Toi.

Dans mon expérience, oublier le Dieu qui vit en moi m’a conduit tout droit en enfer. J’y ai passé un quart de siècle. Au vu de l’éternité ce n’est rien, mais à la mesure d’une incarnation c’est énorme.

N’oublies jamais Toi, et tu vivras éternellement.

La vérité est en Toi, tout le reste n’est qu’un brouillard d’illusions.