Flèche droite

En route pour le Cambodge

Je vous invite à voyager avec moi.

Fermez les yeux… Ah ben non, sinon vous ne pourrez lire… Bon alors détendez-vous, respirez profondément, et imaginez…

Vous avez voyagé depuis trop d’heures pour les compter. Vous êtes exténué, vous n’avez que très peu dormi dans les multiples correspondances que vous venez de prendre.

Cela fait près d’une heure que vous survolez votre pays de destination. Il fait nuit, vous ne pouvez distinguer que quelques petites lueurs sur la terre. L’avion perd de l’altitude, il va atterrir. Votre cœur bat très fort et l’excitation vous gagne. Le bimoteur d’une trentaine de place s’immobilise sur la piste… vous avez hâte de respirer l’air du pays, mais vous laissez les premiers touristes, les plus pressés, se coller devant la porte. Vous prenez tranquillement votre sac à dos et vous dirigez vers la sortie. Et là, l’humidité vous prend les poumons, pendant quelques secondes vous suffoquez. Mais la minute d’après vous avez déjà oublié. Vous passez brièvement dans tous les bureaux pour faire la paperasse administrative. Il fait chaud, il fait humide et lourd… vous êtes impatient que le douanier vous fasse signe d’approcher. Vous êtes tendu et vous commencez à transpirer. Il vous regarde. Regarde votre passeport. Vous pose une question.

Mince ! Vous n’avez pas écouté… vous étiez déjà en train de fureter dans la jungle environnante.

Vous le regardez, interrogateur. Vous avez oublié d’un coup tous les cours d’anglais que vous avez suivi à l’école.

Alors faisant semblant d’être irrité, il répète. Et là, vous vous marrez et vous comprenez qu’il vous souhaitait un bon voyage ! Vous lui souriez et prenez la direction de la sortie. Cette fois, c’est bon vous y êtes… le Cambodge…

Vous êtes en train de réaliser un de vos rêves les plus chers… découvrir les temples d’Angkor. Abandonnés pendant des centaines d’années, ils ont été découverts par un type qui a failli se casser le nez en trébuchant sur un gros bloc de granite. S’étant relevé, il découvrit qu’il était en plein milieu d’un temple enfoui sous la végétation.

En réservant votre hôtel, vous avez demandé à ce que l’on vienne vous chercher à l’aéroport.

Arrivé dans le hall, un troupeau de chauffeurs de taxi attendent. Certains avec dans les mains des pancartes avec des noms dessus et d’autres, jouant des coudes cherchent de nouveaux clients.

Vous cherchez des yeux votre prénom… ça y est… trouvé. Et là, le jeune homme vous emmène jusqu’à son véhicule… un scooter.

Le chauffeur prend votre sac entre ses jambes et vous montez derrière.

Et là, envahi par la curiosité et le désir, dans cette obscurité, vous cherchez à discerner des habitations, des bâtiments, des temples ou n’importe quoi qui puisse vous aider à cerner ce pays mystérieux.

Comme vous ne distinguez pratiquement rien, tous vos sens sont en éveil. Cette odeur, mmmm peut-être du santal, du vétiver… Vous n’en savez rien. Mais ça vous envoûte. Le vent chaud fouette votre visage, quelques moustiques aussi d’ailleurs. Mais vous vous en fichez royalement… des millions d’étoiles gravitent dans votre esprit.

Vous essayez de capter les bruits alentour. Mais avec le scooter ce n’est pas facile. Alors vous vous accrochez à cette odeur. Quel délice ! Et vous l’imprimez dans votre cœur à tout jamais, comme étant la plus merveilleuse qu’il vous a été donné de sentir.

Vous êtes tout simplement en train de tomber amoureux.

Les premières lumières de la ville apparaissent. Puis tout va très vite. De nouveaux visages, de nouvelles odeurs, de nouvelles mœurs… justes de quoi vous mettre l’eau à la bouche. Et finalement, l’hôtel.

Et quoi de plus beau après une telle transe, que de se délasser sous une bonne douche ! Et hop ! Vous filez au lit… pour une courte mais intense nuit de sommeil.

Le lendemain, réveil 4h. Vous n’allez tout de même pas manquer le lever du soleil !

Passage au check Point pour acheter votre billet de la semaine. Et voilà que le chauffeur vous dépose à l’entrée d’Angkor Vat, Le plus grand temple d’Angkor. Une horde de scooters, de tuk-tuk et pousspouss circulent devant l’entrée.

Il fait nuit noir. Un mélange de poussière et de gaz d’échappement arrive à vos narines. Tous le monde crie. Tout le monde s’agite. Quelques petites échoppes se montent derrières le parking. Les premiers vendeurs de cartes postales et petits bibelots assaillent un groupe de touristes devant vous. Vous pensez passer incognito en vous faufilant derrière lui. Mais n’en doutez pas… il y aura toujours un vendeur qui vous aura vu. C’est, cependant, sans soucis et même avec plaisir que vous vous en sortez avec un simple « Maybe after. But not now. » Et surtout un joli sourire qui leurs font plaisir la plupart du temps.

Vous vous engagez sur un chemin formé de gros pavés. Le garde check votre billet et vous souhaite une bonne visite.

Vous sortez votre lampe de poche.

Et là, vous essayez de deviner des formes de temple, de bas-reliefs… vous passez sous un porche tout en pierre. Tout cela à l’air tellement somptueux ! Vous mourrez d’envie de voir tout ce qu’il y a autour de vous. Mais non, vous avez décidé de découvrir les trésors d’Angkor avec le lever du soleil. Il vous faudra donc patienter, jusqu’à ce que l’astre solaire daigne faire son apparition.

Alors vous vous fondez au milieu des autres touristes et tant bien que mal, vous attendez.

Vous savez que ce moment sera mémorable. Alors vous êtes là, à essayer de deviner tous les petits détails que l’aurore voudra bien vous dévoiler.

Le spectre de l’impatience vous gagne… vous envahit. Vous essayez de le dominer, mais il est trop tard tout en vous veut découvrir ce lieu magique. Vous vous sentez vibrer un peu plus à chaque fois que le ciel se teinte d’une couleur un peu moins foncée que la précédente.

Et là, les contours du temple se dessinent sous vos yeux, comme si vous teniez le crayon vous-même. Comme une maîtresse, ses formes se dévoilent lentement, sensuellement.

Il commence à faire chaud. Perdu, entre ses courbes et ses jeux de lumières, vos sens finissent de s’embraser lorsque des milliers, voire des dizaines de milliers de cigales de mettent à chanter tels des applaudissements. Commençant au pied du temple et se rapprochant de vous, pour finir par vous cerner et vous assourdir.

Apothéose des apothéoses, les premiers rayons du soleil apparaissent sur vous, tel un spot sur une scène.

Et aujourd’hui la star, c’est vous. Comme ce fût moi, il y a quelques années. Alors vivez et réalisez vos rêves les plus profonds ! Les plus belles émotions, c’est en live que vous les ressentirez.

Même si j’ai mis tout mon cœur pour vous faire ressentir ce que j’avais vécu en découvrant ce pays magnifique. Croyez-moi, ce que j’ai ressenti était cent fois plus fort que ce qui est écrit là.

Les mots, ne font qu’une partie du message, mais rien ne vaut plus la peine, que de vivre ses émotions. Des merveilles s’ouvrent à vous, alors vivez pleinement comme si vous alliez mourir demain et je vous assure des sensations plus profondes que n’importe quel mot.

« Bonne visite !»